DECENTRALISATION ET DEVELOPPEMENT LOCAL

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FINANCEMENT DE L’ÉCONOMIE EN ZONE UMOA
A L’ORIGINE ÉTAIT LE PROJET DES PARCELLES ASSAINIES

Pour faire face au déficit d’infrastructures, l’État avait, à partir de 1972, consenti des investissements massifs pour promouvoir le développement local, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, notamment la Banque Mondiale, à travers plusieurs projets et programmes. Le Projet Parcelles Assainies (PA) (1972-1981) a été le premier projet urbain financé par la Banque mondiale au Sénégal, mais aussi dans le monde. Il avait pour objectif de favoriser l’accès au logement pour les couches à faibles revenus à Dakar et à Thiès. Le Projet d’Assistance technique pour la Réhabilitation et la Gestion urbaine (PATGRU) prit le relais. Réalisé entre les années 1984 et 1989, il était centré sur les questions de finances municipales, de logements et de services urbains à Dakar.

Le Projet de Gestion et de Développement urbains » (PGDU), réalisé entre 1989 et 1995, s’inscrivait dans la continuité des deux projets qui l’ont précédé. Son objectif était d’apporter des réponses aux besoins en infrastructures, en finances et en logements. C’est dans le cadre de ce projet qu’avait été créé le Crédit Communal (CC) dont la vocation était, entre autres, d’initier les communes à l’emprunt bancaire. Les Projets de Travaux d’Intérêt public et Emploi, réalisés en deux phases entre 1989 et 1997, ont vu la création d’une agence dénommée AGETIP. Son objectif était la génération massive et rapide d’emplois ainsi que des revenus dans les villes, à travers divers travaux de construction et de réhabilitation d’infrastructures ou d’exploitation de services urbains. Durant la deuxième phase de ce projet, connue sous le nom d’AGETIP II, il avait été exigé des communes le versement d’une contrepartie financière. Malgré les investissements consentis, les projets AGETIP I et II n’avaient pas « abordé la question cruciale de la responsabilisation des collectivités locales», en termes de programmation, de financement et d’entretien de leurs infrastructures. La création de l’ADM s’inscrit dans le sillage de cette longue tradition de financement du développement urbain par la Banque mondiale. Elle est consécutive aux lois sur la décentralisation de 1996 qui avaient consacré l’érection de la région en collectivité locale, la création de la ville et des communes d’arrondissement et le transfert de l’État vers les collectivités locales de compétences dans neuf domaines essentiels. Une lettre de politique sectorielle élaborée en 1997 signe la naissance de l’ADM dans le cadre de la mise en oeuvre du Programme d’Appui aux Communes (PAC). Avec la promulgation de la Loi n° 2013- 10 du 28 décembre 2013 portant Code général des Collectivités locales, dite Acte 3 de la Décentralisation, l’Agence de Développement municipal voit son champ d’action s’élargir sensiblement et ses missions changer de nature pour mieux s’adapter à la nouvelle cartographie du paysage institutionnel de la décentralisation.

Moustapha Sarr Diagne Louga Infos