Menace sur la stabilité en Afrique de L’Ouest. 

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Le débat sur le 3e mandat et mieux le forcing pour un mandat de trop risque d’embraser la sous région ouest africaine. De la Côte d’Ivoire, au Mali en passant par la Guinée et le Sénégal, les opinions publiques sont mobilisées. Quelque part la Grande Muette exprime ouvertement sa désapprobation et réaffirme son devoir de défendre le peuple souverain contre toute forfaiture. 

Dans les années 90, la transition démocratique par le biais des conférences nationales ou l’alternance par les urnes (Sénégal) avait redonné l’espoir aux peuples. La démocratie semblait avoir pris le pas sur les coups de force et les putschs.

Voilà que surgissent, par des montages médiatiques, des acrobaties institutionnelles, les vieux démons du parti unique et du pouvoirisme. Le pouvoir ne s’exerce que par la volonté du peuple et n’est légitime que par l’adhésion de ses composantes. Pourquoi les politiciens persistent à penser qu’ils sont les seuls capables d’exercer le pouvoir? Pourquoi doivent-ils constamment insulter notre intelligence?

La donne a changé. En Côte d’Ivoire, les jeunes officiers de l’armée contestent la volonté des dirigeants de s’incruster au pouvoir, au Mali et en Guinée les sociétés civiles subissent une transmutation pour porter le combat démocratique. Le Sénégal, exemple démocratique non usurpé, semble être la référence pour le syndrome  du mandat de trop. Des « idéologues » sortis tout droit des arènes théorisent le mandat invalide du fait de la pandémie du Covid19. 

Amnésie des trajectoires politiques, des leçons de l’histoire pour une seule finalité: rester au pouvoir le plus longtemps possible. 

La pandémie aurait du servir de leçon pour rappeler à ces sénégalais, guinéens, maliens, ivoiriens  privilégiés qu’ils ne sont que de simples délégataires de pouvoir. Ce dernier s’exerce dans un cadre institutionnel, normatif et ne saurait déroger aux règles et lois qui régissent la République. La paix et la concorde de la sous-région ne sauraient être confisquées par des factions pouvoiristes. Aucun soldat, aucun gendarme, aucun policier ne pointera son arme sur sa famille, ses frères, son peuple. Le Commandant ivoirien Fofana l’a réaffirmé dans un message courageux adressé aux dirigeants et au peuple ivoirien. L’ère des pouvoirs absolus est révolue définitivement en Afrique de même que le régime patrimonial.  Les intellectuels doivent se lever pour assumer leur mission. Par la fonction  savante de production universitaire de la vérité mais surtout en mettant en exergue la fonction critique en défiant le pouvoir au nom des opprimés. L’intellectuel africain doit quitter son manteau  » d’expert”, de « consultant”. Il doit refuser le statut d' »intellectuel de service » fort dans les discours de justification et de la rhétorique du fait accompli.

La révolte n’a pas de justification, elle a une logique: elle est l’unique solution quand on a refermé l’espace des possibles au nom de la Loi: la loi de la République. Personne n’a le droit d’ignorer les menaces sur la stabilité institutionnelle et l’ordre démocratique en Afrique de l’ouest Notre génération n’a pas le droit de trahir sa mission au sens de Frantz Fanon.

Becaye Faye Louga Infos.