COVID-19 ET EDUCATION : QUELS LENDEMAINS POUR L’ECOLE SENEGALAISE ?

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La COVID-19 a, incontestablement créé un électrochoc dans toutes les sphères de la vie
sociale, à une échelle quasi mondiale. Aucune société n’a été jusque-là épargnée par les
contrecoups de cette pandémie aux impacts considérables et parfois insaisissables.
L’école, en tant que microsome social, est naturellement au coeur de cette tourmente.
Les ruptures et dysfonctionnements notés depuis l’apparition de cette maladie dans la
vie de l’école en attestent éloquemment. Toute chose qui commande un besoin
d’adaptation de l’école face à des défis nouveaux difficiles à cerner de prime abord.
Aujourd’hui, la COVID est l’épreuve que la nature nous a opposée et face à laquelle nous
sommes totalement démunis. Le monde, dans son intégralité, a dû baisser pavillon, ne
serait-ce qu’un moment devant les assauts pernicieux et intenables de ce virus
malfaisant. Dans ce contexte presque chaotique, nous devons entreprendre une intense
réflexion dans le sens de trouver la meilleure parade et anticiper ce faisant sur les
potentiels aléas qui se dresseront inéluctablement devant la marche de notre école.
Une analyse des éléments du contexte nous met devant la nécessité de conclure aux
limites du format présentiel dans son mode de distribution actuelle.
L’environnement de notre école est également sujet à réflexion si l’on tient compte de
toute cette palette de mesures nées de la COVID (usage de gels, de masques et de
matériels de détection etc.) Nos us et coutumes aussi sont à repenser dans un sens qui
intègre cette exigence d’adaptation (reconsidérer notre instinct grégaire, notre façon de
vivre les principes d’hygiène et de partage.) Cela ne signifie pas pour autant opter pour
une remise à plat de nos fondamentaux culturels et civilisationnels qui constituent le
soubassement de notre propre spécificité. Au plan pédagogique, il nous faut nous
orienter vers d’autres adjuvants pédagogiques tels que les cours en ligne et à distance.
Cela demande aussi tout un environnement à construire pour rendre cette idée
beaucoup plus porteuse en termes de réussite. Parce qu’encore notre école se meut dans
des réalités plurielles, particulières qui commandent un faisceau de formules
d’adaptation. L’école implantée en milieu rural est à différencier dans cette prise en
charge de l’école urbaine qui a un accès plus facile aux commodités de tous ordres.
Au sujet de nos habitudes et coutumes, il conviendra de développer une batterie de
mesures ayant trait à la formation d’une conscience nouvelle par rapport aux « risques ».
Dans cet éventail, on peut retenir entre autres :
– Des efforts tendus vers l’acquisition de réflexes en rapport avec les gestes barrières.
– Une nouvelle façon de vivre et de contenir notre instinct grégaire.
Tout cela exige un modus vivendi partagé et largement accepté de tous. L’école du futur
devra indubitablement être moulée à la configuration que cette Covid-19 va générer au
regard de ses répercussions multiples et multiformes. La COVID a totalement infléchi le
sens de la marche du monde et partant de celui de l’école sénégalaise. Il importe dès
lors, d’engager une réflexion approfondie sur le devenir de cette institution fortement
secouée par les contrecoups de cette pernicieuse pandémie. Pour réussir cette
entreprise, il nous faut être visionnaire, réactif et, à tout le moins, doter d’une capacité
d’adaptation face aux changements les plus imprévisibles. La COVID-19, comme une
sorte de tsunami, a littéralement mis sens dessus dessous les consensus les plus forts,
les pratiques les plus stabilisées. Toute chose qui commande de l’anticipation mais aussi
et surtout une veille permanente pour ne plus être pris en défaut par des menaces de cette nature. Aussi, toute la communauté éducative doit-elle se mobiliser dans un élan
consensuel et solidaire pour apporter la réponse appropriée à ce mal du siècle.
Serigne Falilou SECK
Enseignant au CRFPE de Louga