ASAC NDIAMBOUR COMME SATURNE QUI MANGE SES PLUS TALENTUEUX ENFANTS

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Le Ndiambour est comme Saturne qui mange ses enfants. Si la référence au célèbre tableau de Goya, inspiré de la mythologique grecque est peut-être  exagérée et choquante, elle n’en est pas moins très proche de la réalité que vit le club phare de football de notre ville. Le départ de Moctar Ndiaye, natif de Louga pétri de talents et meilleur buteur du club pendant la saison écoulée,  est la goutte de trop qui fait gronder la colère des amoureux du Ndiambour. Pendant trois années, le recrutement est devenu le maillon faible du Ndiambour car généralement ce talon d’Achille était constitué par les finances du club. Cependant, en dépit de la subvention octroyée au club par la mairie, de l’apport de la fédération, des recettes de guichets sans compter la forte contribution du président,  les résultats sportifs n’ont jamais été au rendez pendant trois ans. C’est cet état de fait qui a poussé un groupe de membre du comité directeur à vouloir sonner la fin de la récréation sous la houlette de Mor Fanta Thiam et Touty Sarr. Des rencontres se sont tenues avec le président qui après avoir écouté tout le monde, avait demandé un temps de réflexion pour prendre une décision. Temps de réflexion que les membres du Comité directeur trouvent trop long. Puisque cela fait près d’une douzaine de jours qu’ils sont dans l’expectative, le président, ministre, maire  prenant le prétexte d’un calendrier trop chargé pour différer sa réaction. Pendant ce temps la section de football déroule le même  plan de recrutement qui pendant trois ans a été décrié.   

Concernant l’aspect strictement sportif de la question, le président de la section de football, à l’occasion de réunions tenues avec des membres du Comité directeur, a fait savoir que le commission technique avait fait une évaluation exhaustive de la situation des joueurs et des entraîneurs sur la séquence de ces trois dernières années. 

Toutefois, si cette évaluation équivaut à laisser partir les meilleurs éléments du club, cela pose problème. En atteste le départ de Mélo Ndiaye qui a été titulaire 11 fois sur 13 matches et de Moctar Ndiaye meilleur butteur du Ndiambour et fils de Louga. Pour ce cas précis ce qui est aberrant est qu’au moment où le président dit qu’il va mettre les moyens pour gagner ou le championnat ou la coupe et en disant proposez-moi de bons joueurs à recruter, il y a anguille sous roche à les laisser partir. Même si les deux joueurs cités étaient en fin de contrat pourquoi n’a-t-on tenté de renégocier avec eux un nouveau bail ? Ce qui met à nu l’impertinence de la politique sportive de rase-mottes  de la section de football. Contrairement à la politique sportive développée par les autres clubs qui optent pour une équipe compétitive et dans la durée, ils ont tendance à faire signer des contrats de deux ou trois ans aux joueurs. Selon certains observateurs, la section de football du Ndiambour n’est plus au diapason des réalités.

La majeure partie des championnats de football au monde se sont professionnalisés. Le football est devenu aujourd’hui une entreprise qui crée des emplois et génère aussi des fonds. Aujourd’hui, les clubs ont cessé de vivre uniquement de la participation de poche du président.  Si l’on ne cesse de se dévorer, l’avenir du Ndiambour se dessinera en noir et gris à l’horizon. Au rythme et à la manière dont le club est géré, il faudra attendre les calendes grecques pour que le Ndiambour puisse reprendre une place honorable dans le paysage sportif sénégalais. Le pari de revenir au-devant de la scène du football sénégalais et africain est un défi que doivent  porter tous  les fils de Louga. Pour y arriver, il faudra mobiliser le potentiel humain, les compétences locales et les partenaires pour « relancer Le Niambour ».  Ceci ne doit pas être un rêve mais une ambition légitime de tout Louga. Ce projet de redonner vie au Club  ne sera réalisable que s’il est partagé et porté par toutes les composantes du Ndiambour. Pour ce faire  Il s’agira d’associer tout le monde et de travailler à travers les instances . La matérialisation de cette ambition  passera certainement par une politique de communication active et un management orienté vers les priorités majeures du club. Le sport dit-on souvent  est un facteur d’union et de renforcement des liens entre les populations, mais au Ndiambour il est source de division. 

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