LA CONSCIENCE INONDEE

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Les inondations, phénomène anthropique, s’il en est procède d’une double responsabilité: un état qui réagit au lieu d’anticiper et des populations dépourvus du sens du bien commun. Finalement on s’accuse mutuellement. L’atavisme des populations voilà le support qui sert d’exutoire aux dirigeants hypocrites et aux intellectuels malhonnêtes pour ne rien faire. La gestion catastrophique et clientéliste de l’espace urbain ‘irresponsabilité des services du  cadastre et des domaines sont autant de causes. Le riz et le sucre distribués seront submergés dans le désespoir des populations. Il faudra changer de perspective au profit de l’économie de la vie dont le seul objectif sera le bien être des vivants à n’importe quel prix. Dakar étouffe. Notre conscience s’interroge sur le sens de l’accumulation et de l’acquisition de certaines fortunes. Construire des mosquées est louable mais aider son prochain dans le désespoir est plus qu’un devoir mais une obligation légitimée par la parole divine: le Coran.

L’image poignant de ces familles pataugeant dans l’eau et la gadoue devrait plus interpeller notre conscience. Laquelle inondée par la luxure et l’hypocrisie se complait dans l’indifférence et ne se mobilise que pour l’ostentatoire et le clinquant. Musulmans nous sommes alors nous serons comptables de tous nos actes devant le Tribunal divin. La zakat devrait trouver son sens ici et maintenant. Des sénégalais souffrent en masse dans l’indifférence quasi totale des plus nantis. Heureusement que la première Dame n’a pas perdu les valeurs « ndariennes » de solidarité, de compassion envers autrui. Son exemple, au delà, de toute appartenance politique devrait être suivi et partagé dans nos consciences égocentriques. Les sénégalais sont fatigués disait feu le juge Kéba Mbaye. Ils le sont encore plus car de nouvelles contre valeurs inondent notre société : le malheur devient objet de curiosité et de commérages qu’on se partage en riant dans les chaumières. Les solidarités s’estompent, faire le bien devient une exception. Décidément notre société souffre d’un déficit de sens. 

Bécaye Faye 

Pour Louga Infos